40 ans du festival du jeu de Parthenay, c’est bien , mais avec 40 degrés à l’ombre, c’est plus compliqué. On peut dire que les organisateurs ont eu le courage de prendre quelques mesures radicales en limitant les horaires l’après midi durant la première semaine, préservant ainsi les organismes. Je pense que l’affluence en a pâti un peu. Il était, en effet, très facile de trouver des tables pour pouvoir jouer durant les quelques jours où j’ai déambulé dans le festival.
Voici une petite vidéo d’Armicwan qui montre essentiellement la place du drapeau avec le tentes éditeurs :
Le Flip propose comme toujours de multiples activités… tellement riche qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. J’ai pu participer notamment à :
–La Flip tv animé par les promeeples. Cela m’a permis de gagner un jeu. Cette émission retransmise sur Facebook permet de faire vivre de manière journalière le festival et les exposants.
– J’ai adoré l’improvisation théâtrale de la troupe Bordelaise : La brigade du bonheur, sur les jeux de sociétés. A partir de jeux édités: petits meurtres et faits divers, Top ten, les membres de la troupe improvisaient sur un thème et le public votait à partir d’un boîtier délivré à l’entrée.
– Les multiples séances de dédicaces m’ont permis d’échanger avec Claude Clément : auteur de Dékal, David Boniffacy : illustrateur de la gamme nature chez Opla, Ronan Pincemin : Illustrateur chez chèvre édition mais aussi la structure de bd dont vous êtes le héros : Makaka. Cette dernière est en grande détresse suite à la faillite de leur distributeur. Je ne peux que conseiller la bd dont vous êtes le héros « dans la tête de Monsieur le prof » qui raconte les aventures d’un prof d’anglais pour son premier cours (pour le tome 1) et de son premier voyage en Angleterre (pour le tome 2)… Un 3ème est en préparation qui racontera le PPMS.
– Des concours de puzzles que Gwendoline a adoré s’y frotter,
– Enfin la chapelle des arts ludiques proposait notamment une exposition sur les illustrations « style naturaliste » de Wyrmspan. J’ai eu la chance de pouvoir observer les aquarelles de quelques dragons des cartes de ce jeu distribué par Matagot. Voici quelques photos de ces magnifiques peintures :
Le flip est un mélange de gros distributeurs/éditeurs qui présentent leurs nouveautés même parfois dans des lieux éphémères (gigamic, asmodée, Iello, Blackrock...) mais c’est aussi l’occasion de discuter directement avec les éditeurs de toutes petites structures (opla, cosmoludo, unfriendly games, Palladis Games, Subverti, Merles … ) voire de l’auto édition (les jeux de jean Christophe Bouvier…)
Voici quelques titres que j’ai pu essayer sur mes deux jours de festival :
Commençons par une nouveauté Bombyx : Manoir bizarre. J’étais un peu passé à coté de ce jeu pensant qu’il s’adressait uniquement à un public jeunesse. On a plutôt affaire ici à un jeu familial ayant une bonne re jouabilité. Le principe est de construire son propre hôtel hanté, en récupérant le maximum d’avis positifs postés sur les réseaux par ses clients monstrueux (les étoiles vertes = source de points de victoire, étoile rouge = client mécontent = points négatifs). A son tour, un joueur reçoit 3 cartes qui correspond à des pièces de son manoir. On doit conserver une carte pour soi et en proposer une à chacun des ses voisins. Ensuite on place 2 cartes dans son hôtel (l’une choisie et une autre parmi les 2 proposées) en s’assurant que les clients peuvent atteindre les dites cartes depuis l’entrée de sa maison. Marquer des points diffères en fonction des scénarios proposés : parfois il faut faire un maximum d’escaliers, parfois il faut faire une salle immense. Les sources de points de victoire sont de 4 et sont renouvelables entre chaque partie sachant qu’en début de partie nous ne connaissons que 3 objectifs sur 4 et qu’ils ne compterons pas forcément tous.
Cela ne révolutionne en rien le monde du jds mais la direction artistique de Bombyx donne une véritable identité graphique à ce jeu. Les avis rédigés sont hilarants et donne envie d’y revenir. Je vous conseille de vous pencher sur ce titre qui, je trouve, est un peu passé sous les radars.
Parlons maintenant de la hype du moment : j’ai pu jouer à athlètes de compète qui est une revisite du jeu de l’oie. L’objectif est de remporter le plus de points à l’issue de 4 courses. On drafte, en début de partie, 4 personnages et on va en attribuer un à chaque début de course. L’objectif est d’arriver soit le premier soit le 2ème pour collecter des points. Et comment fonctionne le jeu, vous allez me dire ? C’est simple, on lance un D6 et on avance du nombre de cases… Et c’est tout !
Mais qu’est ce qui fait que ce jeu fait tant parler de lui ? Les 36 personnages de la boite et leurs pouvoirs particuliers, la direction artistique proche d’un livre jeunesse anglais, la simplicité des règles qui permet à des enfants de 6 ans de jouer avec des adultes. C’est globalement une bonne blague ce jeu mais ça marche avec tout le monde et on rigole (pas sur avec David quand même)… Un peu comme Flip 7 modernise le stop ou encore, athlètes de compète met au goût du jour le jeu de parcours.
La mode des jeux de numéro bat son plein et Gigamic creuse ce sillon avec Ipso. Ayant eu l’occasion d’en comprendre le principe au festival de St André, j’ai pu le tester à Parthenay. On place une pyramide de cartes face cachée devant soi. Au 1er tour, on révèle 3 cartes au centre de la table. A partir du 1er joueur, chacun en choisi une et la place dans sa pyramide à la place d’une autre qui fera le choix sur la manche suivante. Pour marquer des points, il faut placer les cartes par valeur croissante par ligne de sa pyramide. De plus, si les cartes sont de la même couleur, elles comptent x2 par ligne. Rien de bien original (un mélange de Dékal et Lucky number) : un jeu dans l’air du temps.
Continuons ensuite avec Kumata : jeu de pose de dominos assez malin et familial. Chaque joueur possède devant lui 2 piles de domino de sa couleur. Sur ceux ci : des numéros qui vont de rien à 3. A son tour, un joueur peut prendre le premier numéro d’une de ses piles et le pose sur le plateau central (en recouvrant les numéros sur les bons numéros, jamais entièrement sur un domino déjà posé, les dominos vides peuvent être recouverte et recouvrir tous les numéros)… Quand un joueur a placé toutes ses tuiles ou qu’il ne peut plus rien poser, la partie se termine et chaque joueur compte ses numéros visibles sur le plateau central. Un jeton (à placer le plus haut possible pour marquer un maximum de points) permet également, au cours de la partie, d’empêcher un joueur de placer un domino sur sa tuile. J’étais un peu déçu de l’arrêt de la collection « abstrait » qui faisait la spécificité de cet éditeur, et le proto de kumata testé l’an dernier m’avait laissé septique. Finalement ce jeu se révèle être agréable. Une matinale d’un monde de jeux en avait parlé le mois dernier :
Sur le stand de Ravensburger, j’ai pu essayé le très prisé, il y a encore 2 ans : Level Up. Jeu publié il y a 10 ans par Asmodée, très cher sur le marché de l’occasion (150euros ! ) et réédité, cette été, par un autre éditeur (Une embrouille entre l’illustrateur et asmodée avait freiné un retirage). Bon, c’est assez joli, cela revisite le Rami mais c’est à peu près tout.
Il faut, à son tour, piocher une carte et en défausser une devant soi. L’objectif est de valider une carte qui déclenche la fin de manche ( du type un brelan et une suite de 4 cartes) puis dès que l’objectif est atteint, un joueur doit se débarrasser de toutes ses cartes en complétant les combinaisons de cartes posées par les joueurs… Je n’ai pas fait grand-chose de la partie honnêtement et j’ai trouvé que le jeu traînait en longueur. Pas ma came !
Gigamic a réalisé un tirage spécial de Bellevue pour la ville de Parthenay. Bonne idée, cela peut déclencher « un achat souvenir » du flip. Le principe de Bellevue reste simple : contruire une rue médiévale de Parthenay. Chaque joueur a une main de cartes et va piocher une 4ème carte dans une pioche représentant une rue, un étage ou un toit d’un bâtiment. Chacun choisi simultanément une carte de sa main pour la placer dans sa rue et passer les 3 cartes restantes à son voisin de gauche. On réitère l’effet plusieurs fois jusqu’à ce qu’un joueur pose son 3ème toit. En fin de partie, chaque rue et toit de sa ville ont des conditions de scoring : avec par exemple : mon immeuble doit comporter 3 fleurs et 2 woopies pour marquer 5 points. Rien de fifou mais Parthenay a donc maintenant un jeu à son nom comme notre belle ville de Troyes ! (le jeu est bien moins intéressant quand même !)

Enchaînons avec le jeu Bas les pattes. Exclusivité présenté par le petit éditeur Disto studio (À sortir fin septembre). Vous avez devant vous une plaquette qui représente votre ours. Sur la patte à gauche (votre main gauche) vous scorer d’une certaine manière, et sur votre patte de droite (main droite) vous scorer d’une autre manière. Bas les pattes et un jeu de rapidité et d’estimation de lot. Un joueur va dépiler un lot de cartes au centre de la table une par une. Sur celle ci : des plantes, des poissons, des écrevisses… Quand un joueur pense que le lot est intéressant, il faut vite taper sur la table avec sa bonne patte (main) pour maximiser ses points. Un joueur doit également ne pas être trop gourmand car nous pouvons taper sur la table que 4 fois au cours de la partie. Très thématique, très familial et très bien édité. Ce jeu a été sélectionné pour les sabliers d’or chez un monde de jeu :
Continuons avec la dernière sortie de Sylex : Fliptoons qui s’attaque à un type de jeu dont la concurrence est énorme : le deckbuilding.
L’objectif est de créer un bon casting de héros de dessins animés à partir de son deck. En début de manche, chaque joueur dépile 6 cartes de son deck pour en faire un carré de 3 par 3 en commençant par le haut à gauche. Ces cartes vous donnent des points de gloires. Ceux ci vont vous permettre d’acheter de nouvelles cartes, d’épurer votre deck et de déclencher le début du dernier tour dès qu’un joueur atteint 30 points. A chaque manche toutes les cartes sont brassées et les interactions entre les cartes sont très fortes si bien que pour compenser le hasard de votre tirage de votre grille de 3 par 3, il faut éliminer les cartes inutiles rapidement. La phase finale du jeu provoque une émotion forte car dès qu’un joueur déclenche la fin de partie, chacun mélange une dernière fois son deck pour placer son carré de 3×3 et comptabiliser son score final. A tester, c’est vraiment très sympa !
Avant dernier jeu de cet article : une exclusivité qui va sortir en fin d’année et qui est en précommande sur Ulule début septembre : BiblioSet
https://fr.ulule.com/biblio-set—creez-la-bibliotheque-ideale-pour-gagner–/coming-soon
L’objectif est de construire une bibliothèque représentée par des cartes dans un tableau de 3 par 3 devant soi. Les points se scorent de plusieurs manières : il faut avoir un nombre de bibelots raisonnable dans sa Kallax (au delà de 4 ça ressemble à un sapin de Noël !), il faut avoir, par ligne, le plus de même type de livres (parmi 4) qui se suivent, enfin des lots de styles d’ouvrages scorent par paire et par 3. Il existe plusieurs types de manières de récupérer les cartes en fonction du nombre de joueurs. En solo, le jeu est un casse tête un peu chill. A 2, le bluff est au rendez vous. J’ai pu essayer le jeu à 4 joueurs. Un joueur va recevoir des propositions d’une carte des autres… Si votre carte est choisi, bingo, vous pouvez placer la carte de votre main de votre choix directement dans votre bibliothèque, sinon vous devez placer la carte que vous avez proposé… Pas facile de satisfaire vos adversaire sans trop les avantager. Un jeu assez simple de placement de cartes mais qui colle bien avec le thème. Un jeu à placer dans toutes les médiathèques et les maniaques du rangement de bouquins (C’est mon cas, personne n’est parfait!). Ce titre sera le premier d’une collection sur les livres.

On termine cet article par le 10ème jeu joué sur le festival : Tembo de Lucky duck Games. Dans ce jeu coopératif, vous devez déplacer la matriarche jusqu’à la case d’arrivé du parcours sans qu’elle s’épuise et en passant par des checkpoints précis. Pour cela, vous allez devoir poser des cartes de votre main soit en les plaçant sur le plateau central pour placer les paysages de la steppe, soit en les plaçant dans la défausse pour placer vos éléphants sur le plateau central les uns à la suite des autres en respectant un motif. Attention, la pioche comporte des risques non négligeables : une lionne rode dans les steppes mais aussi la carte matriarche vous oblige de la déplacer (parfois en prenant des risques) ce qui engendre de la fatigues pour vos éléphants qui reviennent devant vous mais aussi pour la matriarche. Le début de partie commence plutôt tranquillement puis, au fur et à mesure, on a vite compris avec David et Gwendoline qu’on a eu de la chance de faire le premier scénario avec le maximum d’aide possible ! ! !
J’espère que ce focus vous a plu. On se retrouve très vite à Troyes, les vendredis, aux chartreux.
































